On revient aussi le marché immobilier locatif sous tension et le bilan de l'inflation en France en Juin 2025
1. Nouvelle semaine, mêmes paradoxes ! La semaine a connu une désescalade géopolitique inattendue après des tensions entre les États-Unis et l’Iran, apaisées par une riposte contrôlée et un cessez-le-feu. Le marché pétrolier a chuté de 15,81 %, illustrant la volatilité des perceptions. Aux États-Unis, l’inflation "core PCE" reste élevée à 2,7 %, confirmant les propos de Jerome Powell, malgré les pressions politiques pour baisser les taux. Par ailleurs, des rumeurs circulent sur un possible remplacement anticipé de Powell par Trump. Sur le plan commercial, un accord a été signé avec la Chine, mais les négociations avec le Canada ont échoué. Malgré ce contexte fragile, Wall Street a atteint un sommet historique, dans un optimisme qui semble déconnecté des risques économiques et géopolitiques persistants.
2. Détente commerciale entre les États-Unis et la Chine : les marchés boursiers en hausse. Le 27 juin 2025, les marchés boursiers européens ont fortement progressé, portés par un accord commercial entre les États-Unis et la Chine sur les terres rares, vitales pour les secteurs technologiques. En parallèle, la Chine a promis d’alléger certaines mesures de rétorsion, tandis que l’Union européenne envisage un report des discussions douanières avec les États-Unis. Cependant, le dollar s’est affaibli, fragilisé par les critiques répétées de Donald Trump envers Jerome Powell, les incertitudes sur la politique monétaire de la Fed, et une tendance plus large à la dédollarisation mondiale.
3. L’inflation en France sur le mois de juin : bilan. En juin 2025, l’inflation en France a légèrement accéléré à 0,9 % sur un an, tirée par les hausses dans les services (+2,4 %) et une moindre baisse des prix de l’énergie. L’indice harmonisé européen (IPCH) atteint 0,8 %, au-dessus des prévisions. Malgré cette progression, la France reste parmi les pays les moins inflationnistes de la zone euro. Dans ce contexte, la BCE a récemment abaissé ses taux directeurs, et d’autres baisses pourraient suivre selon le gouverneur de la Banque de France.
4. Nouvelle mesure fiscale en vue pour relancer l’investissement locatif. Un rapport attendu le 30 juin 2025 proposera une mesure fiscale ambitieuse pour relancer l’investissement locatif et la construction de logements neufs, en forte baisse depuis la fin du dispositif Pinel. La mesure phare : un amortissement locatif permettant de déduire 5 % par an de la valeur du bien (hors terrain) sur 20 ans, avec un bonus pour les loyers inférieurs au marché. Réservée aux investissements à partir de 2026, cette incitation fiscale viserait à débloquer jusqu’à 70 000 constructions neuves, tout en restant budgétairement encadrée et attractive pour les particuliers.
Géopolitique : de l’escalade à la détente éclair
La semaine avait tout pour mal tourner après les frappes américaines sur l’Iran. Pourtant, l’annonce d’une riposte “téléphonée” sur une base au Qatar, suivie d’un cessez-le-feu, a suffi à calmer les esprits.
Le pétrole à chuté de -15,81 %, comme si le risque avait disparu. Une illustration frappante de cette volatilité des narratifs qu’on observe depuis des mois.
Inflation : toujours pas de normalisation aux USA
Les chiffres publiés ont montré un rebond de l’inflation PCE core à 2,7 %, confirmant ce que Powell martèle depuis des semaines : l’inflation reste bien installée, même si Trump fait pression pour des baisses de taux.
Cela fait maintenant 14 mois que le PCE core oscille entre 2,6% et 2,9%, sans avancée tangible.
Focus pédagogique – Le PCE core, c’est quoi ?
Le PCE core est un indicateur d’inflation très important aux États-Unis.
Il mesure la hausse des prix payés par les ménages, mais en excluant l’alimentaire et l’énergie, jugés trop volatils.
Cela permet de mieux suivre la tendance de fond de l’inflation, celle qui influence vraiment la politique monétaire.
C’est cet indicateur que la Fed regarde en priorité pour décider s’il faut ajuster ses taux d’intérêt.
Deux autres actualités importantes autour de la Fed cette semaine :
Powell a été auditionné au Congrès, comme c’est la tradition deux fois par an. Il a rappelé que les nouvelles taxes douanières risquent de raviver l’inflation dans les prochains mois.
En parallèle, des rumeurs circulent sur l’intention de Trump de nommer dès la rentrée le successeur de Powell (mandat expirant en mai 2026). Pour l’instant, le marché reste peu sensible à ces débats sur l’indépendance de la Fed.
Commerce : des nouvelles contrastées
La Chine a confirmé vendredi un accord commercial avec les États-Unis, mais les négociations avec le Canada ont brutalement échoué.
Sur ce sujet, nous attendons toujours l’issue des discussions avec l’Union européenne, parmi d’autres accords encore en suspens.
Pendant ce temps, Wall Street a signé un nouveau record historique vendredi, affichant une confiance inébranlable… comme si de rien n’était.
Un optimisme qui interroge, car en face, plusieurs signaux rappellent que le contexte reste fragile :
Des prévisions de croissance revues à la baisse
Une inflation toujours bien ancrée
Aucune baisse de taux
Une géopolitique fragile
Des accords commerciaux encore en suspens
Et la Big Beautiful Bill, projet budgétaire XXL promis par Trump, dont le financement et le calendrier restent très flous
Cette semaine, le forum annuel de la BCE à Sintra donnera le ton, mais aussi le rapport sur l’emploi américain jeudi, parmi de nombreuses publications macro en Europe, aux États-Unis et en Chine.
✍️ Par Chauncey
Les marchés boursiers ont connu une progression notable le vendredi 27 juin 2025, stimulés par des signes d'apaisement dans les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. En milieu de matinée, l'Euro Stoxx 50 a augmenté de 1,1 %, le CAC 40 de 1,3 % et le Dax de 1 %.
Cette embellie fait suite à l'annonce d'un accord entre les deux puissances concernant l'accélération des expéditions de terres rares vers les États-Unis, un élément crucial pour les industries technologiques et manufacturières. Par ailleurs, la Chine s'est engagée à lever certaines contre-mesures non tarifaires imposées depuis avril, bien que les modalités précises de cette levée restent à clarifier.
Ces développements positifs interviennent alors que l'Union européenne examine les propositions américaines sur les droits de douane, avec la possibilité de repousser la date butoir du 8 juillet. Les investisseurs espèrent que ces avancées marquent le début d'une désescalade durable des tensions commerciales mondiales
Trump fragilise le dollar
Examinons les récentes actions du président américain et leurs répercussions sur la monnaie nationale.
Attaques contre Jerome Powell : Donald Trump a de nouveau critiqué le président de la Fed, Jerome Powell, le qualifiant de « terrible ». Bien que la Maison-Blanche ait démenti les rumeurs concernant une nomination imminente de son successeur, ces déclarations ont contribué à affaiblir le dollar, notamment face à l'euro
Facteurs macroéconomiques : Outre les tensions politiques, des éléments macroéconomiques expliquent la baisse du billet vert. La perspective d'une pause monétaire en zone euro et une possible baisse des taux d'intérêt par la Fed à la rentrée renforcent le potentiel de l'euro-dollar ;
Mouvement de dédollarisation : L'article souligne que la baisse du dollar s'inscrit dans un mouvement plus profond de dédollarisation structurelle. Ce phénomène, longtemps masqué par l'afflux de capitaux vers la technologie américaine, devient désormais plus apparent ;
En somme, les interventions de Donald Trump et les dynamiques économiques actuelles fragilisent la position du dollar sur les marchés internationaux.
✍️ Par Christelle
En juin 2025, l'inflation en France a connu une légère accélération, atteignant 0,9 % sur un an selon l'indice des prix à la consommation (IPC), contre 0,7 % en mai. L'indice harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, s'établit à 0,8 %, dépassant les prévisions des analystes qui anticipaient 0,7%.
Principaux facteurs de cette hausse :
Services : Les prix des services ont augmenté de 2,4 % sur un an, contre 2,1 % en mai, principalement en raison des hausses dans l'hébergement, la santé et les transports.
Énergie : Les prix de l'énergie ont diminué de 6,9 % sur un an, une baisse moins marquée qu'en mai (-8,0 %), indiquant un ralentissement de la baisse des prix dans ce secteur.
Alimentation : Les prix des produits alimentaires ont légèrement augmenté de 1,4 % sur un an, contre 1,3 % en mai.
Produits manufacturés : Les prix restent en territoire négatif à -0,2 %, inchangés par rapport au mois précédent
Tabac : L'inflation du tabac a légèrement ralenti à 4,0 %, contre 4,1 % en mai.
Malgré cette légère hausse, la France continue d'afficher l'un des taux d'inflation les plus bas de la zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) a récemment réduit ses taux d'intérêt après que l'inflation ait chuté en dessous de son objectif de 2 %. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a indiqué que de futures modifications de la politique monétaire de la BCE pourraient inclure de nouvelles baisses de taux
✍️ Par Quentin
Le 30 juin, un rapport sera remis au gouvernement avec une proposition de mesure fiscale choc pour encourager l’investissement locatif privé et relancer le marché du logement neuf, gravement touché depuis la fin du dispositif Pinel et la hausse des taux de crédit.
Pourquoi une telle mesure ?
Les ventes de logements neufs aux investisseurs particuliers ont chuté de 41% au premier trimestre 2025 par rapport à l’an dernier.
Sans investisseurs privés, les promoteurs ne peuvent pas démarrer de nouveaux projets, aggravant ainsi la crise immobilière et provoquant des pertes d’emplois dans le secteur du bâtiment.
La mesure phare proposée : l’amortissement locatif
Pour les nouveaux investissements locatifs réalisés à partir du 1er janvier 2026, les propriétaires pourraient déduire chaque année un amortissement représentant au moins 5% de la valeur du bien sur 20 ans, hors valeur du terrain.
L’amortissement serait majoré d’1 point/an pour ceux qui accepteraient de louer 15% sous le prix du marché, permettant de créer un déficit foncier déductible du revenu global.
Cet avantage fiscal serait concentré sur le logement neuf, afin de stimuler la construction, mais pourrait aussi s’appliquer aux logements anciens sous conditions de rénovation et de performance énergétique.
Limites et conditions
La mesure ne s’appliquerait pas aux investissements réalisés avant le 1er janvier 2026, pour des raisons budgétaires.
Le futur statut du bailleur privé devra éviter de déclencher une imposition à l’IFI pour rester attractif.
Le coût de cet amortissement pourrait freiner Bercy, qui cherche à réaliser 40 milliards d’euros d’économies.
Pourquoi c’est important ?
Le rapport entend rappeler que l’investisseur locatif privé n’est pas un spéculateur, mais souvent un ménage cherchant à compléter ses revenus pour la retraite. Cette mesure pourrait favoriser la construction de 50 000 à 70 000 logements neufs dès l’an prochain si elle est adoptée.
À retenir pour vos projets d’investissement locatif:
Si cette mesure entre en vigueur, investir dans l’immobilier neuf à partir de 2026 pourrait offrir un avantage fiscal puissant, tout en participant à la relance du marché.
✍️ Par Jérôme
Toute l’équipe INGEFII vous souhaite une bonne semaine ! 🙂