On revient aussi sur la France qui emprunte plus cher que lâItalie : un avertissement sur nos finances publiques.
1. Trump annonce une vague de droits de douane records : 30âŻ% sur lâUE, 50âŻ% sur le BrĂ©sil, 30âŻ% sur le Mexique et menace le Canada. Les taxes amĂ©ricaines atteignent 16âŻ% et pourraient dĂ©passer 20âŻ% en aoĂ»t, un record depuis les annĂ©es 1930. Les marchĂ©s craignent un retour de lâinflation, ce qui provoque une remontĂ©e des taux dâintĂ©rĂȘt aux Ătats-Unis et en Europe. Pendant ce temps, NVIDIA explose tous les compteurs et devient la premiĂšre entreprise Ă franchir les 4 000 milliards de dollars de capitalisation. Cette semaine : rĂ©sultats des grandes entreprises US et inflation CPI Ă surveiller.
2. Lâinflation en France a lĂ©gĂšrement accĂ©lĂ©rĂ© en juin 2025, atteignant 1âŻ% sur un an, contre 0,7âŻ% en mai. Cette hausse est tirĂ©e par lâaugmentation des prix des services, notamment dans lâhĂ©bergement et le transport. La baisse des prix de lâĂ©nergie ralentit, contribuant aussi Ă cette remontĂ©e. Sur un mois, les prix Ă la consommation progressent de 0,4âŻ%. Lâinflation harmonisĂ©e (IPCH) monte Ă 0,9âŻ%. Bien que toujours sous le seuil des 2âŻ% visĂ© par la BCE, cette tendance invite Ă surveiller de prĂšs les services, qui pourraient raviver les tensions inflationnistes dans les mois Ă venir.
3. La zone euro cherche Ă crĂ©er un actif refuge capable de rivaliser avec les bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, afin de renforcer lâeuro comme monnaie de rĂ©serve. Mais la fragmentation des dettes souveraines empĂȘche un marchĂ© obligataire unifiĂ©. LâidĂ©e dâĂ©mettre des obligations communes refait surface, mais se heurte Ă des blocages politiques, notamment dans les pays du nord, hostiles Ă toute mutualisation. La crĂ©ation dâun tel actif renforcerait la stabilitĂ© financiĂšre et lâattractivitĂ© de lâeuro, mais reste suspendue Ă un compromis politique encore lointain.
4. La France emprunte dĂ©sormais plus cher que lâItalie Ă 5 ans, un signal prĂ©occupant sur la confiance des marchĂ©s. En cause : un dĂ©ficit Ă©levĂ© (5,5âŻ% du PIB), une dette supĂ©rieure Ă 110âŻ%, des rĂ©formes bloquĂ©es et un climat politique instable. Ă lâinverse, lâItalie amĂ©liore ses finances : dĂ©ficit rĂ©duit, dette en baisse, excĂ©dent primaire et stabilitĂ© politique. RĂ©sultat : les agences relĂšvent sa note, tandis que celle de la France est sous surveillance. LâĂ©cart sur les taux Ă 10 ans se rĂ©duit fortement. Pas dâurgence, mais sans cap clair, la dynamique pourrait continuer Ă se dĂ©tĂ©riorer.
La semaine derniÚre, je vous parlais du 9 juillet, date butoir annoncée par Trump pour finaliser de nouveaux accords commerciaux. Finalement, cette échéance est repoussée au 1er août mais...
Malgré ce report, les annonces tarifaires se sont multipliées.
- Trump a annoncĂ© en dĂ©but d'aprĂšs-midi des droits de douane de 30% sur les importations en provenance de lâUnion europĂ©enne, une dĂ©cision qui pourrait peser lourd sur les grandes valeurs exportatrices (aux USA) europĂ©ennes. Elles risquent de souffrir Ă la fois de ces nouvelles taxes et de la dĂ©prĂ©ciation du dollar face Ă lâeuro, qui pĂ©nalise leur compĂ©titivitĂ© outre-atlantique.
- ParallÚlement, une taxe de 50% sur les importations du Brésil, 30% sur le Mexique et une menace de taxe de 35% sur le Canada ont été confirmées.
đ Focus pĂ©dagogique : oĂč en est-on vraiment sur les droits de douane ? (Voir graphique ci-dessous)
Voici quelques repÚres concrets pour mieux mesurer leur portée.
- Ces taxes étaient en moyenne comprises entre 3% et 4% avant que Donald Trump ne commence à prendre ses mesures commerciales.
- Aujourdâhui, selon la Chambre de commerce internationale, les droits de douane amĂ©ricains atteignent dĂ©jĂ 16%, leur plus haut niveau depuis les annĂ©es 1930. Si toutes les annonces rĂ©centes entraient en vigueur le 1er aoĂ»t, ils dĂ©passeraient 20%, un seuil inĂ©dit depuis plus dâun siĂšcle !
Ce nâest donc pas anodin : ces mesures pourraient peser sur lâinflation et ralentir la croissance.
Taux dâintĂ©rĂȘt : une remontĂ©e mondiale
En parallĂšle, on a observĂ© un mouvement de remontĂ©e des taux des deux cĂŽtĂ©s de lâAtlantique :
- Aux Ătats-Unis, le taux Ă 10 ans, tombĂ© rĂ©cemment autour de 4,2%, est remontĂ© vers 4,4%.
- En Europe, les taux souverains allemands, français et italiens se sont eux aussi redressés, malgré les baisses de taux récentes de la BCE.
Ce regain de tension reflĂšte la crainte que les barriĂšres commerciales ravivent lâinflation et compliquent la tĂąche des banques centrales.
NVIDIA : un record historique
Dans ce contexte contrasté, la tech continue de briller. NVIDIA est devenue cette semaine la premiÚre entreprise à dépasser les 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursiÚre.
Pour donner un ordre de grandeur, câest presque 17 fois la valeur de LVMH.
đïž A suivre la semaine prochaine
- Les premiĂšres publications de rĂ©sultats trimestriels majeurs aux Ătats-Unis arrivent, avec les grandes banques et Netflix.
- CĂŽtĂ© macroĂ©conomie, la publication de lâinflation CPI amĂ©ricaine sera scrutĂ©e de prĂšs, car elle pourrait redĂ©finir les anticipations de taux pour la fin de lâĂ©tĂ©.
âïž Par Chauncey
L'inflation en France a enregistrĂ© une hausse de 1 % sur un an en juin 2025, selon la deuxiĂšme estimation publiĂ©e ce vendredi par l'Insee. Ce chiffre marque une lĂ©gĂšre rĂ©vision Ă la hausse par rapport Ă l'estimation initiale de 0,9 %, et confirme une accĂ©lĂ©ration par rapport au mois de mai, oĂč l'inflation s'Ă©tablissait Ă 0,7 %.
Cette progression est principalement attribuée à une augmentation des prix des services, notamment dans les secteurs de l'hébergement et du transport. ParallÚlement, la baisse des prix de l'énergie s'est atténuée, contribuant également à cette hausse de l'inflation.
Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 % en juin, aprÚs une baisse de 0,1 % en mai. L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet des comparaisons au sein de l'Union européenne, a également progressé de 0,9 % sur un an en juin, contre 0,6 % en mai.
Malgré cette légÚre accélération, l'inflation en France demeure en dessous de l'objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Toutefois, la tendance haussiÚre observée en juin souligne l'importance de surveiller l'évolution des prix, en particulier dans le secteur des services, pour anticiper d'éventuelles pressions inflationnistes à venir.
âïž Par Christelle
Alors que les marchés mondiaux sont en proie à des turbulences, la zone euro se heurte à une faiblesse structurelle : l'absence d'un actif refuge équivalent aux bons du Trésor américain. Cette lacune limite l'attractivité de l'euro en tant que monnaie de réserve internationale.
La fragmentation du marchĂ© obligataire europĂ©en, avec des dettes souveraines Ă©mises par chaque Ătat membre, empĂȘche la crĂ©ation d'un marchĂ© obligataire unifiĂ© et profond. Cette situation contraste avec les Ătats-Unis, oĂč les bons du TrĂ©sor offrent une liquiditĂ© et une sĂ©curitĂ© prisĂ©es par les investisseurs en pĂ©riode d'incertitude.
Pour remédier à cette situation, l'idée d'une mutualisation partielle des dettes souveraines refait surface. Des propositions telles que l'émission d'obligations européennes communes sont à l'étude, visant à créer un actif sûr et liquide, soutenu par l'ensemble des pays de la zone euro.
Cependant, ces initiatives se heurtent Ă des obstacles politiques majeurs. Certains Ătats membres, notamment ceux du nord de l'Europe, expriment des rĂ©ticences face Ă une mutualisation des dettes, craignant une perte de souverainetĂ© budgĂ©taire et une solidaritĂ© financiĂšre accrue.
La création d'un actif refuge européen est donc à la croisée des chemins entre nécessité économique et volonté politique. Sa réalisation pourrait renforcer la stabilité financiÚre de la zone euro et accroßtre le rÎle international de l'euro, mais elle nécessite un consensus politique encore à construire.
âïž Par Quentin
La France emprunte dĂ©sormais plus cher que lâItalie. Sur les obligations Ă 5 ans, le taux français est passĂ© Ă 2,67 %, contre 2,65 % pour lâItalie. Un renversement historique qui reflĂšte une chose : les investisseurs ont aujourdâhui moins confiance dans la capacitĂ© de la France Ă gĂ©rer ses finances.
Voici pourquoi :
⹠Le déficit public reste élevé, autour de 5,5 % du PIB, sans trajectoire claire de réduction.
âą La dette dĂ©passe les 110 % du PIB, lâune des plus Ă©levĂ©es de la zone euro.
âą Les rĂ©formes budgĂ©taires sont bloquĂ©es : sans majoritĂ© Ă lâAssemblĂ©e, aucune mesure dâĂ©conomie sĂ©rieuse ne peut ĂȘtre adoptĂ©e.
âą Les agences de notation (Fitch, MoodyâsâŠ) ont maintenu la note AA-, mais avec une perspective nĂ©gative : autrement dit, une dĂ©gradation est possible.
⹠Le climat politique est incertain, ce qui alimente la défiance sur les marchés.
En parallĂšle, lâItalie surprend positivement :
⹠Son déficit a été divisé par deux en un an (de 7 % à 3,4 %).
⹠Sa dette a baissé de 10 points de PIB, à 135,3 %.
âą Elle affiche un excĂ©dent budgĂ©taire primaire, ce qui signifie quâelle dĂ©pense moins quâelle ne gagne, hors charge de la dette.
âą Elle profite des fonds europĂ©ens post-Covid et dâune relative stabilitĂ© politique avec G. Meloni, au pouvoir depuis 3 ans.
âą Lâagence S&P a relevĂ© sa note Ă BBB+ (encore en dessous de celle de la France, mais la tendance est inverse).
Sur les taux Ă 10 ans, la France garde encore une petite avance, mais lâĂ©cart sâefface : on est passĂ© de 200 points de base il y a 3 ans Ă seulement 17 aujourdâhui.
Mon avis : Pas dâinquiĂ©tude immĂ©diate : lâĂ©cart reste symbolique et la France conserve un avantage sur les emprunts Ă 10 ans. Sa dette reste trĂšs demandĂ©e, car facile Ă Ă©changer. Mais la dynamique nâest pas en sa faveur. Il faudra un vrai cap politique pour rassurer les marchĂ©s !
âïž Par Lou
Toute lâĂ©quipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! đ