1. Les marchĂ©s entament septembre, historiquement le pire mois pour le S&P 500 (-0,7 %), avec des incertitudes politiques et Ă©conomiques. En Europe, le CAC 40 chute (-3,34 %) malgrĂ© une croissance française de +0,8 % et une inflation contenue. La BCE sâinquiĂšte des tensions commerciales. Aux Ătats-Unis, Nvidia recule (-4 %) et lâinflation PCE core reste Ă 2,9 %. Flux de marchĂ©, calendrier macro et prudence des investisseurs expliquent la faiblesse saisonniĂšre. Ă suivre : inflation europĂ©enne et emploi US.
2. Nvidia a publiĂ© des rĂ©sultats records : 46,7 Md$ de chiffre dâaffaires et une prĂ©vision de 55 Md$, malgrĂ© lâabsence de ventes de puces H20 en Chine. Pourtant, le titre recule (-2,75 %) car les attentes Ă©taient immenses. Le Data Center pĂšse dĂ©sormais 90 % des revenus, mais sa croissance ralentit aprĂšs plusieurs trimestres spectaculaires. Lâouverture du marchĂ© chinois pourrait devenir un relais stratĂ©gique. Nvidia reste le leader incontestĂ© de lâIA, mais les investisseurs attendent de nouveaux moteurs de croissance.
3. Lâannonce de François Bayrou dâun vote de confiance le 8 septembre, liĂ©e Ă un plan dâĂ©conomies de 44 MdâŹ, a dĂ©clenchĂ© une forte nervositĂ© sur les marchĂ©s. Le CAC 40 a chutĂ© de 1,6 % en 90 minutes et le taux Ă 10 ans français a grimpĂ© Ă 3,50 %. Secteurs publics, BTP et banques ont Ă©tĂ© les plus touchĂ©s. Cette instabilitĂ© politique accentue la fuite des investisseurs. Lâissue du vote sera dĂ©terminante pour la trajectoire des marchĂ©s français.
4. Le âsuper-dĂ©ficit foncierâ, prolongĂ© jusquâen 2025, booste lâinvestissement locatif ancien en permettant dâimputer jusquâĂ 21 400 ⏠de travaux de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique sur le revenu global, contre 10 700 ⏠auparavant. Ce dispositif, renforcĂ© par la fin du Pinel, sĂ©duit les investisseurs imposĂ©s cherchant optimisation fiscale et valorisation patrimoniale. Conditions : location nue, rĂ©gime rĂ©el, conservation trois ans. Avec la disparition des avantages du neuf, il devient une stratĂ©gie clĂ© pour rĂ©duire ses impĂŽts tout en rĂ©novant durablement son patrimoine.
đ Les marchĂ©s entrent dans le pire mois de lâannĂ©e⊠avec beaucoup dâincertitudes (DECRYPTAGE đ)
đ«đ· France & Europe đȘđș
La crise politique française a fait vaciller le CAC 40 (-3,34 %).
LâinstabilitĂ© devrait perdurer en septembre, ce qui pourrait accentuer la baisse sur lâindice tricolore.
CÎté macro, le tableau est plus encourageant :
PIB français en hausse à +0,8 % (au-dessus des attentes)
Inflation dâaoĂ»t contenue en Espagne, France et Italie (-0,1 % vs prĂ©visions)
En Allemagne, légÚre hausse des prix (+0,1 %)
La BCE se montre satisfaite de la stabilitĂ© des prix, son mandat Ă©tant respectĂ©. Mais elle prĂ©vient quâune intensification des tensions commerciales pourrait freiner les exportations et la croissance europĂ©enne.
đșđž Ătats-Unis
Les marchĂ©s amĂ©ricains ont touchĂ© de nouveaux records en dĂ©but de semaine avant de reculer dans le sillage de NVIDIA (-4 % depuis ses rĂ©sultats). Le prochain catalyseur pour le titre pourrait venir de Chine, oĂč Nvidia discute avec Washington pour obtenir le feu vert Ă vendre certaines puces.
đ Sur le plan macro, les signaux restent positifs
PIB revu Ă la hausse Ă 3,3 % contre 3 % attendu
Inscriptions au chÎmage inférieures aux prévisions
Inflation PCE core Ă 2,9 % : un chiffre conforme aux attentes
Pas de mauvaise surprise, mais lâinflation reste nettement au-dessus de lâobjectif de 2 % fixĂ© par la Fed.
đ Focus pĂ©dagogique : septembre, le mois maudit ( graphiqueđ)
Historiquement, septembre est le pire mois de lâannĂ©e pour le S&P 500
Depuis 1945, lâindice affiche en moyenne -0,7 % en septembre, contre +1,6 % en novembre, le meilleur mois.
Pourquoi cette faiblesse récurrente ?
Les économistes et la finance comportementale avancent plusieurs pistes, mais sans explication définitive :
- Flux de marchĂ© : retour dâactivitĂ© aprĂšs lâĂ©tĂ©, avec des prises de bĂ©nĂ©fices et des rééquilibrages de portefeuilles qui pĂšsent sur les indices.
- Calendrier macro & politique : septembre concentre souvent des annonces lourdes (budget US, banques centrales, statistiques clĂ©s), sources dâincertitude.
- Biais comportementaux : sachant que septembre est historiquement le âmois noirâ, les investisseurs adoptent une posture plus prudente. Cette anticipation peut dĂ©clencher des ventes prĂ©ventives et renforcer la volatilitĂ©.
đ RĂ©sultat : septembre illustre bien comment statistiques passĂ©es, psychologie et flux peuvent se nourrir mutuellement pour influencer les marchĂ©s.
đ Ă suivre cette semaine :
đȘđș Chiffre de lâinflation en zone euro (mardi)
đșđž Statistiques de lâemploi US (vendredi) : une publication trĂšs attendue. La derniĂšre avait valu Ă la cheffe du BLS son limogeage par Donald Trump pour âmanque de fiabilitĂ©â⊠Double enjeu donc, car la vigueur du marchĂ© du travail dicte en grande partie la politique monĂ©taire de la Fed.
âïž Par Chauncey
đ NVIDIA : lâexceptionnel ne suffit plus
Le géant des semi-conducteurs a publié hier un nouveau record :
Chiffre dâaffaires : 46,7 Md$ â lĂ©gĂšrement supĂ©rieur aux attentes
Résultat net : également au-dessus du consensus
Une guidance relevée à 55 Md$ pour le prochain trimestre
Et tout cela sans aucune vente de puces H20 Ă la Chine
Pourtant, lâaction est attendue en baisse dâenviron â2,75 % Ă lâouverture de Wall Street.
Pourquoi ? Parce que les attentes étaient tout simplement immenses.
Le moteur de la croissance reste le segment Data Center, qui a littĂ©ralement explosĂ© pour reprĂ©senter prĂšs de 90 % du chiffre dâaffaires total (cf. 1er graphique). Mais la dynamique globale montre une dĂ©cĂ©lĂ©ration de la croissance, aprĂšs plusieurs trimestres Ă +200 % / +300 %(cf. 2eme graphique).
đ© Le vrai sujet dĂ©sormais : quel relais de croissance pour rĂ©accĂ©lĂ©rer sa croissance ? Si lâadministration Trump ouvre lâaccĂšs au marchĂ© chinois, cela pourrait constituer le prochain levier majeur pour NVIDIA.
âĄïž LâIA continue de transformer lâĂ©conomie mondiale, et NVIDIA en reste le leader incontestĂ©. Mais les investisseurs veulent ĂȘtre certains que lâhistoire ne fait que commencer.
âïž Par Chauncey
đ§ Un nouveau climat dâincertitude pour la Bourse de Paris
Le contexte ?
Le 25 aoĂ»t, le Premier ministre François Bayrou a annoncĂ© quâil engagerait la responsabilitĂ© de son gouvernement devant lâAssemblĂ©e nationale avec un vote de confiance prĂ©vu le 8 septembre, dans le cadre de son plan dâĂ©conomies budgĂ©taires dâenviron 44 milliards dâeuros pour le budget 2026.
Cette dĂ©cision sâinscrit dans un climat tendu, marquĂ© par le rejet du plan par les oppositions et des appels au blocage national prĂ©vus pour le 10 septembre.
Conséquence ?
Une réaction immédiate des marchés :
Le CAC 40 a plongĂ© de ~1,6âŻ% (environ â100 points en 90 minutes), une chute sensible rĂ©vĂ©latrice de la nervositĂ© des investisseurs ;
Le redressement de la courbe dâintĂ©rĂȘt de la dette française est Ă©galement spectaculaire : le taux Ă 10 ans est passĂ© Ă ~3,50âŻ% (contre 3,42âŻ% la veille), marquant une perte de confiance des marchĂ©s ;
Quels sont les secteurs les plus sensibles ?
BTP et services aux collectivitĂ©s : Vinci (â5,8âŻ%), Eiffage (â7,9%), Veolia (â1,9%) ont Ă©tĂ© particuliĂšrement secouĂ©s ;
Banques et assurance : BNP Paribas, SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale, CrĂ©dit Agricole et Axa ont reculĂ© entre â3âŻ% et â6âŻ%, en raison de leur forte exposition aux obligations souveraines ;
Dans lâimmĂ©diat, cette sĂ©rie de chocs sur les marchĂ©s reflĂšte une fuite dâinvestisseurs face Ă lâinstabilitĂ© politique. Lâannonce de François Bayrou a dĂ©clenchĂ© une rĂ©action instantanĂ©e sur les marchĂ©s obligataires et actions : des secteurs directement exposĂ©s Ă la dette et aux commandes publiques sont les plus sĂ©vĂšrement pĂ©nalisĂ©s.
Notons que nous nous endettons aujourdâhui Ă un taux supĂ©rieur Ă celui de lâItalie âŠ
Le rendez-vous est désormais fixé au 8 septembre, date clé du vote de confiance. Son issue déterminera sûrement la trajectoire des marchés financiers en France dans les semaines à venir.
âïž Par Christelle
đ FiscalitĂ© de fin dâannĂ©e : le âsuper-dĂ©ficit foncierâ redynamise lâinvestissement locatif ancien
Ă lâapproche de la fin dâannĂ©e fiscale, lâattention des investisseurs se porte sur un levier puissant : le superdĂ©ficit foncier, prolongĂ© jusquâau 31 dĂ©cembre 2025. GrĂące Ă ce dispositif, les dĂ©penses de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique permettent dâimputer jusquâĂ 21âŻ400âŻâŹ â contre 10âŻ700âŻâŹ jusquâalors â sur le revenu global, Ă condition de produire avant et aprĂšs les travaux un DPE dĂ©montrant une amĂ©lioration notable de la performance Ă©nergĂ©tique logement
Cet avantage s'ajoute Ă la disparition du dispositif Pinel depuis fin 2024, ce qui alimente un regain dâintĂ©rĂȘt pour les investissements anciens Ă rĂ©nover. En effet, le dĂ©ficit foncier permet de combiner rĂ©novation, valorisation patrimoniale et optimisation fiscale.
Le dĂ©ficit foncier classique â hors superdĂ©ficit â autorise une imputation jusquâĂ 10âŻ700âŻâŹ sur le revenu global, avec le surplus reportable sur les revenus fonciers des dix annĂ©es suivantes.
Ce mĂ©canisme est particuliĂšrement avantageux pour les contribuables fortement imposĂ©s, dĂ©sireux de sâengager dans lâimmobilier ancien avec travaux. Il offre plus de flexibilitĂ© que certains dispositifs classiques.
Toutefois, il convient de rester vigilant sur les conditions : location nue, rĂ©gime rĂ©el dâimposition, conservation du bien au moins trois ans, et justificatifs scrupuleux.
En rĂ©sumĂ©, alors que les opportunitĂ©s fiscales du neuf disparaissent, le super-dĂ©ficit foncier sâimpose comme une stratĂ©gie clĂ© pour clore lâannĂ©e sur des bases optimisĂ©es : rĂ©duire immĂ©diatement son imposition tout en engageant une crĂ©ation de valeur durable dans lâimmobilier.
âïž Par Gaspard
Toute lâĂ©quipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! đ
