🏛️ Bourse en plein rally, économie au ralenti ! Et le crédit immobilier confirme son un rebond en juin.

On revient aussi sur Trump qui place Stephen Miran à la Fed et l'Indonésie avec une croissance en augmentation au T2.

L'actu finance & immo
6 min ⋅ 11/08/2025

1. 🏛️ Malgré un ralentissement des services aux États-Unis (ISM à 50,1 contre 51,5 attendu) et de nouvelles tensions commerciales, les marchés américains poursuivent leur hausse (+2,43 % pour le S&P 500), portés par de bons résultats d’entreprises au T2. Les composantes emploi et nouvelles commandes reculent, signalant un risque sur la croissance (services = 80 % du PIB). Washington augmente ses tarifs sur l’Inde et la Suisse. Prochain test : l’inflation CPI mercredi, cruciale pour anticiper une stagflation.

2. 🏦 Donald Trump nomme Stephen Miran, proche allié et partisan de taux bas, comme gouverneur temporaire de la Fed après la démission d’Adriana Kugler. Ce choix, à confirmer par un Sénat républicain, intervient alors que Trump critique Powell pour son refus de baisser les taux malgré des tensions économiques liées aux tarifs douaniers. Soutenu par une ligne pro-croissance et pro-cryptomonnaies, Miran pourrait accélérer des baisses de taux, mais soulève des inquiétudes sur l’indépendance et la stabilité monétaire mondiale.

3. 🇮🇩 L’Indonésie a enregistré une croissance de 5,12 % au T2 2025, son plus haut rythme depuis 2023, grâce à une consommation des ménages robuste (54,5 % du PIB) et à des investissements en hausse, soutenus par les infrastructures. Protégée par sa faible dépendance aux exportations, elle reste vulnérable à la faiblesse de la roupie, aux inégalités et à la baisse des prix des matières premières. Le FMI prévoit 5,1 % de croissance en 2025, loin des 8 % visés par le président Prabowo.

4. 🏡 En juin, la production de crédits immobiliers a atteint 12,9 milliards €, son plus haut niveau depuis le printemps 2024 (+1,4 milliard sur un mois, +46 % sur un an), selon la Banque de France. Les taux moyens ont reculé à 3,10 %, attirant surtout les primo-accédants (53,7 % des prêts). Les banques assouplissent leurs conditions, mais l’activité reste inférieure aux niveaux pré-Covid (–28 % de crédits, –39 % de montants). La reprise est réelle, mais encore fragile face aux incertitudes futures.

🏛️ Bourse en plein rally, économie au ralenti ! Décryptage d’une semaine contrastée 👇

Cette semaine, ni la déception macro sur les services, ni les nouvelles tensions commerciales n’ont suffi à briser l’élan haussier des marchés US. En effet, malgré les vents contraires qui s’accumulent, les investisseurs continuent d’acheter, portés par des résultats d’entreprises du T2 globalement meilleurs qu’attendu. Le S&P 500 clôture en hausse de +2,43 %.

Macro US : après l’emploi la semaine dernière, c’est au tour des services de marquer le pas !

L’ISM Services est tombé à 50,1, en dessous des 51,5 attendus.
En y regardant de plus près, la baisse vient surtout des composantes emploi et nouvelles commandes (décryptage ci-dessous), deux indicateurs avancés qui sont souvent les premiers à signaler un ralentissement économique.

🎓 Focus pédagogique : L’ISM Services, qu’est-ce que c’est ?
L’Institute for Supply Management interroge chaque mois plus de 400 entreprises du secteur tertiaire sur :

1️⃣ Niveau d’activité 👉 mesure le volume des affaires en cours.
2️⃣ Nouvelles commandes 👉 indique la dynamique de la demande à venir.
3️⃣ Emploi 👉 reflète la capacité et la volonté des entreprises à recruter.
4️⃣ Délais de livraison 👉 signale les tensions ou fluidités dans les chaînes d’approvisionnement.

À noter : il existe aussi un sous-indice des prix payés (Prices Paid), non intégré au calcul final, qui mesure l’évolution des coûts supportés par les entreprises dans les services.
En juillet, il a atteint un niveau très élevé (près de 70), son plus haut depuis octobre 2022, signalant des pressions inflationnistes persistantes dans les services malgré le ralentissement de l’activité.

Comment interpréter l’indice : Chaque composante est convertie en un score, puis pondérée pour obtenir un indice global :
> 50 : secteur des services en expansion
< 50 : secteur des services en contraction

💡 Mon analyse
Les services représentent environ 80 % du PIB américain (finance, santé, commerce, tech, etc.).
Un ISM proche ou sous 50 signale un coup de frein potentiellement majeur sur la croissance US.
En plus des mauvais chiffres de l’emploi vus la semaine dernière, les signaux de ralentissement s’accumulent.

Droits de douane : Washington hausse le ton
Les États-Unis portent à 50 % les tarifs sur de nombreux produits indiens et imposent jusqu’à 39 % de surtaxe sur certains équipements suisses. Un nouvel épisode protectionniste qui entretient l’incertitude sur le commerce mondial.

📆 A suivre la semaine prochaine
Le rendez-vous majeur sera mercredi, avec la publication de l’inflation CPI au USA, un chiffre clé que les marchés scruteront de près.

➡️ Si elle ressort au-dessus des attentes, le spectre d’une stagflation (inflation persistante + économie en ralentissement) pourrait prendre de l’ampleur après l’ISM Services et le dernier rapport sur l’emploi.

✍️ Par Chauncey


🏦 Trump place Stephen Miran à la Fed : un coup pour secouer la banque centrale

Donald Trump a annoncé sur Truth Social la nomination de Stephen Miran, président du Conseil des conseillers économiques (CEA), au poste de gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), suite à la démission surprise d’Adriana Kugler. Ce choix, qui doit être confirmé par le Sénat, renforce l’influence de Trump sur la Fed, en pleine tension avec son président Jerome Powell.

Un fidèle pour influencer la Fed

Miran, économiste de Harvard et ancien de Hudson Bay Capital, prend le siège vacant de Kugler jusqu’au 31 janvier 2026, un rôle temporaire en attendant un remplaçant permanent, selon Le Figaro et Investing.com. Proche de Trump, il défend une politique de taux d’intérêt bas et une dérégulation favorable aux cryptomonnaies. Sa nomination intervient alors que Trump critique Powell pour son refus de baisser les taux (maintenus à 4,25-4,5 % en juillet), accusé de freiner l’économie US face aux tarifs douaniers (15 % sur l’UE, 104 % sur la Chine).

Une Fed sous pression

La démission de Kugler, nommée par Biden en 2023, donne à Trump une opportunité de remodeler le comité monétaire (FOMC). Miran, qui prône une approche pro-croissance, pourrait rejoindre les gouverneurs Michelle Bowman et Christopher Waller, déjà en faveur de baisses de taux, selon Les Echos. Avec un Sénat républicain, sa confirmation semble acquise, mais son arrivée soulève des craintes sur l’indépendance de la Fed, pilier de la stabilité monétaire mondiale. Trump, qui a quatre candidats en tête pour remplacer Powell (mandat jusqu’en mai 2026), dont Waller et Kevin Hassett, accélère sa mainmise.

Ce que cela représente :

Pour la Fed

  • Atouts : Miran apporte une vision pro-croissance, alignée sur les baisses de taux réclamées par Trump pour contrer l’inflation (3,2 % en juillet, BLS) et les effets des tarifs.

  • Risques : Son profil pro-Trump menace l’indépendance de la Fed. Les marchés craignent une politisation, avec un risque de hausse des rendements obligataires si la confiance vacille.

Pour l’économie US

  • Atouts : Une baisse des taux pourrait stimuler la consommation et l’investissement, soutenant les entreprises face aux tarifs.

  • Risques : Une Fed perçue comme inféodée pourrait déstabiliser le dollar et les marchés, avec une inflation dopée par les coûts des importations.

À quoi s’attendre ?

Miran pourrait pousser pour une baisse des taux dès septembre 2025, mais son mandat court limite son impact immédiat. La recherche d’un gouverneur permanent et le remplacement de Powell seront cruciaux.

En plaçant Miran à la Fed, Trump resserre son emprise sur la politique monétaire, défiant l’indépendance de l’institution. Ce pari audacieux, dans un contexte de guerre commerciale et de pressions sur Powell, pourrait redessiner l’économie US.

✍️ Par Mathéo


🇮🇩 L’Indonésie, une croissance en augmentation au T2, la plus rapide depuis 2023

En août 2025, l’Indonésie a affiché une croissance de 5,12 % au deuxième trimestre, son rythme le plus soutenu depuis le T2 2023, selon Investing.com. Portée par une consommation des ménages robuste et des investissements dynamiques, la première économie d’Asie du Sud-Est surfe sur une vague positive malgré des vents contraires.

Un moteur économique en forme

Le PIB indonésien a accéléré de 4,87 % au T1 à 5,12 % au T2, dépassant les attentes des analystes (4,9 %, selon Reuters). La consommation des ménages, qui pèse 54,5 % du PIB, reste le principal carburant, boostée par une classe moyenne croissante (70 millions de personnes). Les investissements, en hausse de 4,61 % sur un an, ont aussi joué un rôle clé, portés par des projets d’infrastructures comme le train à grande vitesse Jakarta-Bandung. Les dépenses publiques, liées aux élections de février 2024, ont ajouté du dynamisme, malgré une contribution limitée des exportations, freinées par la baisse des prix des matières premières (nickel, huile de palme).

Les enjeux

Pour l’Indonésie

  • Atouts : Une population jeune (284 millions d’habitants) et une faible exposition aux exportations (22 % du PIB) protègent contre les tensions commerciales. Les réserves de change (146,4 milliards de dollars, 6,7 mois d’importations) offrent une marge de manœuvre.

  • Risques : La baisse des investissements étrangers (-15 % en 2023) et la faiblesse de la roupie (16 200 IDR/USD en avril 2025) pèsent. Les inégalités (1 % détiennent 49 % des richesses) et le chômage des jeunes (17,3 %) freinent la croissance inclusive.

Pour l’économie régionale

  • Atouts : Le rebond indonésien dope l’ASEAN, avec des exportations vers la Chine (150 milliards de dollars en 2022) et des projets comme la nouvelle capitale Nusantara.

  • Risques : Les tarifs US (15 % dès le 7 août) et la baisse des prix des matières premières menacent les exportations, notamment le nickel, dont l’Indonésie est le premier producteur mondial.

À quoi s’attendre ?

La croissance devrait rester stable à 5,1 % en 2025, selon le FMI, mais les ambitions de Prabowo Subianto (8 % de croissance) semblent hors de portée. La Banque d’Indonésie, avec un taux à 5,5 %, pourrait assouplir sa politique si l’inflation (2,5 % en 2024) reste basse. Le déficit budgétaire, prévu à 2,53 % du PIB en 2025, sera testé par des programmes sociaux coûteux (repas scolaires gratuits). La volatilité des marchés, dopée par les tensions US-Chine, pourrait secouer la bourse de Jakarta.

Avec une croissance de 5,1 %, l’Indonésie montre sa résilience, portée par ses ménages et ses infrastructures. Mais les défis externes (tarifs, matières premières) et internes (inégalités, roupie) appellent à la vigilance. Un élan à surveiller pour peser l’avenir de ce géant émergent.

✍️ Par Mathéo


🏡 Crédit immobilier : un rebond confirmé en juin

Après des mois de ralentissement, le marché du crédit immobilier montre des signes nets de reprise. Selon la Banque de France, la production de crédits à l’habitat a atteint 12,9 milliards d’euros en juin, son plus haut niveau depuis le printemps 2024. Cela représente une hausse de 1,4 milliard par rapport au mois précédent, et +46 % sur un an au premier semestre.

Taux d’intérêt en légère baisse

Les taux moyens sont descendus à 3,10 %, contre 3,31 % en avril. Mais cette détente pourrait être temporaire : certains professionnels anticipent déjà une remontée dès 2026, et quelques banques ont commencé à réajuster leurs grilles dès août.

Retour progressif des emprunteurs

La stabilisation des taux incite les acheteurs à revenir, notamment les primo-accédants, qui représentent 53,7 % des crédits octroyés pour l’achat d’une résidence principale. Les banques assouplissent également leurs conditions, en particulier sur l’apport personnel.

Une reprise encore fragile, malgré cette embellie, l’activité du 1er semestre 2025 reste inférieure à la période pré-Covid :

–28 % de crédits accordés.

–39 % de montants empruntés par rapport à la moyenne 2016-2019.

📌 À retenir : Le marché du crédit immobilier retrouve un certain dynamisme, porté par la baisse des taux et l’assouplissement des conditions d’octroi. Mais le chemin vers un vrai retour à la normale reste encore long.

✍️ Par Quentin


Toute l’équipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! 🙂

L'actu finance & immo

Par L'équipe Ingefii

Chez INGEFII, notre équipe est composée d’experts passionnés et engagés qui mettent leur expertise au service de votre patrimoine.

Les derniers articles publiés