1. đ La Fed a abaissĂ© son taux directeur de 0,25 %, propulsant Wall Street Ă des records historiques. Depuis avril, 15 000 milliards $ se sont ajoutĂ©s au S&P 500, dopĂ©s par lâIA et la tech, moteur quasi exclusif du rallye. Mais cette euphorie repose sur une concentration extrĂȘme des positions, rendant le marchĂ© fragile. Le Nasdaq est en surachat prolongĂ©, signe de surchauffe. Wall Street parie sur un scĂ©nario âGoldilocksâ, mais lâĂ©quilibre reste prĂ©caire.
2. đŠ Jerome Powell a annoncĂ© une premiĂšre baisse des taux de 0,25 point, ramenant la fourchette Ă 4 % â 4,25 %. La Fed privilĂ©gie lâemploi, affaibli par des crĂ©ations dĂ©cevantes en aoĂ»t (73 000), face Ă une inflation jugĂ©e passagĂšre. Mais le contexte est aussi politique : chaque geste de Powell, dont le mandat expire en 2026, est scrutĂ© par la Maison-Blanche. Deux autres baisses restent possibles cette annĂ©e, mais lâĂ©quilibre emploi-inflation demeure fragile.
3. đïž En 2025, la surtaxe dâhabitation sur les rĂ©sidences secondaires sâintensifie avec lâextension des zones tendues Ă prĂšs de 3 700 communes. DĂ©jĂ appliquĂ©e par 1 500 villes en 2024, elle atteint parfois 60 %, notamment en PACA, Occitanie, Auvergne-RhĂŽne-Alpes et Ăle-de-France. Les recettes fiscales ont bondi de 52 % lâan dernier et devraient encore croĂźtre. Pour les propriĂ©taires, la facture grimpera en dĂ©cembre 2025, combinant surtaxe locale et revalorisation nationale des bases (+1,7 %).
4. đïž Lâautomne 2025 confirme le dynamisme contrastĂ© de lâinvestissement locatif. Dans les grandes villes Ă©tudiantes comme Bordeaux, Lyon ou Rennes, la tension locative reste extrĂȘme, mais la hausse des prix limite les rendements (3,5 Ă 4 % en centre). La pĂ©riphĂ©rie bordelaise offre de meilleures opportunitĂ©s (4,5 Ă 5 %). En parallĂšle, des villes secondaires comme Saint-Ătienne (10 %), Mulhouse (9 %) ou BĂ©ziers sĂ©duisent par leurs rendements Ă©levĂ©s. Le financement reste exigeant, nĂ©cessitant apport et discipline budgĂ©taire.
đ Quand lâeuphorie flirte avec la surchauffe (DĂCRYPTAGE đ)
Câest dĂ©sormais officiel : la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale a abaissĂ© son taux directeur de 0,25 %. Une dĂ©cision largement anticipĂ©e⊠qui a suffi Ă propulser les marchĂ©s amĂ©ricains vers de nouveaux records historiques.
Depuis avril, prÚs de 15 000 milliards de dollars de capitalisation se sont ajoutés au S&P 500 (Graphique 1).
Les volumes dâĂ©changes sont parmi les plus Ă©levĂ©s jamais enregistrĂ©s, confirmant un retour massif de lâappĂ©tit pour le risque. Mais ce rallye nâest pas homogĂšne. Il repose avant tout sur un moteur : la technologie et lâintelligence artificielle.
Les hedge funds amĂ©ricains ont massivement concentrĂ© leurs positions sur ce thĂšme, au point que lâexposition au secteur atteint des niveaux records (Graphique 2).
Premier enseignement : lâeuphorie est rĂ©elle, mais aussi fragile.
LâIA attire des flux colossaux car elle incarne lâavenir. Mais un marchĂ© oĂč âtout le monde est du mĂȘme cĂŽtĂ© du bateauâ devient dangereux : la moindre dĂ©ception peut dĂ©clencher des ventes en chaĂźne.
Enfin, les indicateurs techniques envoient un signal dâalerte. Le Nasdaq Ă©volue depuis lâĂ©tĂ© en zone de surachat quasi permanente đ un phĂ©nomĂšne rarissime, qui illustre un vĂ©ritable emballement (Graphique 3).
DeuxiĂšme enseignement : lâenthousiasme se transforme en surchauffe.
Les investisseurs ne se contentent plus dâacheter la tendance, ils la poussent Ă lâextrĂȘme. Or, lâhistoire montre que de tels excĂšs ne disparaissent pas par magie : ils se corrigent gĂ©nĂ©ralement par une consolidation, voire une phase de volatilitĂ© prolongĂ©e.
đ Focus pĂ©dagogique â Le scĂ©nario âGoldilocksâ
En Ă©conomie, on parle de Goldilocks (Boucle dâor) lorsquâun Ă©quilibre presque parfait sâinstalle :
đč une croissance suffisamment robuste pour soutenir les profits des entreprises
đč une inflation en reflux, qui permet aux banques centrales de relĂącher la pression
đč des conditions financiĂšres favorables, grĂące Ă des taux plus bas et une liquiditĂ© abondante
Câest lâenvironnement rĂȘvĂ© pour les marchĂ©s : croissance des bĂ©nĂ©fices, financement peu coĂ»teux, abondance de liquiditĂ©.
Mais cet équilibre est précaire :
Si lâĂ©conomie accĂ©lĂšre trop, lâinflation repart et la Fed devra resserrer.
Si elle ralentit trop, les bĂ©nĂ©fices chutent et lâeuphorie retombe.
đ Mon opinion : Aujourdâhui, Wall Street price ce scĂ©nario Goldilocks.
Le marchĂ© intĂšgre lâidĂ©e dâune croissance idĂ©ale, sans inflation ni rĂ©cession.
Autrement dit : il price le meilleur des mondes⊠mais quand tout est déjà dans les cours, le rapport rendement/risque devient de plus en plus défavorable.
âïž Par Chauncey
đ Powell enclenche la premiĂšre baisse des taux de lâannĂ©e : 4 % â 4,25 %
Dans les faits, Jerome Powell a annoncĂ© la premiĂšre baisse des taux de lâannĂ©e, finalement de 0,25 point de pourcentage, ce qui ramĂšne la fourchette des taux directeurs Ă 4 % â 4,25 %. Cette dĂ©cision est motivĂ©e par lâessoufflement du marchĂ© de lâemploi, jugĂ© plus prĂ©occupant que la rĂ©cente poussĂ©e de lâinflation.
Pour rappel, seulement 73 000 emplois nets ont Ă©tĂ© créés en aoĂ»t, loin des attentes, et le BLS (Ă©quivalent de lâInsee aux USA) a enchaĂźnĂ© les rĂ©visions Ă la baisse de ses prĂ©cĂ©dents rapports. Du cĂŽtĂ© des prix, les droits de douane commencent Ă pousser les coĂ»ts Ă la hausse, mais la Fed considĂšre cette inflation comme passagĂšre.
Contexte politique :
Le mandat de Powell expire en mai 2026, et la Maison-Blanche suit de prĂšs la succession Ă la tĂȘte de la Fed. Selon plusieurs Ă©conomistes, la situation crĂ©e un « théùtre politique » , oĂč chaque dĂ©cision devient Ă la fois Ă©conomique et politique.
Et maintenant ?
La Fed se retrouve face Ă un dilemme classique :
Soutenir lâemploi, au risque de relancer lâinflation.
Lutter contre lâinflation, au risque de freiner la croissance.
Pour lâinstant, la Fed laisse entrevoir deux autres baisses dâun quart de point cette annĂ©e, mais chaque dĂ©cision sera scrutĂ©e Ă la loupe. Le bras de fer entre la Maison-Blanche et la banque centrale est lancĂ©, et Powell devra naviguer avec prudence dans un contexte oĂč chaque action est autant politique quâĂ©conomique.
En pratique :
Pour les emprunteurs, cette premiĂšre baisse ouvre la voie Ă une possible dĂ©tente des taux dans les prochains mois. Pour les investisseurs, il sâagit dâanticiper un environnement plus accommodant et de sâadapter aux mouvements des marchĂ©s.
âïž Par Lou
đïž RĂ©sidences secondaires : la surtaxe dâhabitation sâintensifie en 2025
AprĂšs la suppression de la taxe dâhabitation pour les rĂ©sidences principales, ce sont dĂ©sormais les rĂ©sidences secondaires qui concentrent lâattention fiscale. Et la tendance est claire : la surtaxe se gĂ©nĂ©ralise et pĂšse de plus en plus lourd pour les propriĂ©taires.
En 2024, prĂšs de 1 500 communes lâont appliquĂ©e, contre seulement 309 en 2023. Un tiers dâentre elles ont choisi le taux maximum de 60 %. RĂ©sultat : des recettes fiscales en hausse de 52 %, atteignant 436 millions dâeuros.
En 2025, encore plus de villes franchissent le pas, profitant de lâextension des zones tendues (dĂ©sormais prĂšs de 3 700 communes). Celles-ci regroupent les territoires oĂč se loger Ă lâannĂ©e devient difficile face Ă la pression touristique, aux loyers Ă©levĂ©s et Ă la concentration de rĂ©sidences secondaires.
đč Les rĂ©gions les plus concernĂ©es : Auvergne-RhĂŽne-Alpes, PACA et Occitanie, oĂč stations balnĂ©aires et villes alpines sont particuliĂšrement visĂ©es.
đč Certaines communes emblĂ©matiques (Antibes, Le Canet) relĂšvent leur surtaxe de 10 % en 2025.
đč MĂȘme lâĂle-de-France durcit le ton : Saint-Ouen instaure une majoration de 60 %, tandis que Neuilly-sur-Seine et Corbeil-Essonnes actent des hausses de 20 points.
ConsĂ©quence pour les propriĂ©taires : une hausse double de la facture en dĂ©cembre 2025, entre la surtaxe votĂ©e par les communes et la revalorisation nationale des bases dâimposition de 1,7 %.
Ă titre dâexemple, la taxe dâhabitation moyenne sur les rĂ©sidences secondaires atteignait 1 125 ⏠en 2024 : trois fois moins en Bourgogne-Franche-ComtĂ© (725 âŹ) quâen Ăle-de-France (2 103 âŹ).
En rĂ©sumĂ©, si vous possĂ©dez une rĂ©sidence secondaire dans une commune classĂ©e en zone tendue, prĂ©parez-vous Ă une imposition en nette augmentation. La surtaxe dâhabitation devient un outil fiscal privilĂ©giĂ© des collectivitĂ©s locales pour rĂ©guler le marchĂ© et compenser la pression touristique.
âïž Par Quentin
đïž Investissement locatif : les tendances de lâautomne 2025
Lâinvestissement locatif reste un placement privilĂ©giĂ© en France, et lâautomne 2025 confirme une dynamique contrastĂ©e. Dâun cĂŽtĂ©, certaines grandes villes connaissent une forte tension locative, principalement portĂ©e par les Ă©tudiants et les jeunes actifs. De lâautre, plusieurs villes secondaires se distinguent par des prix dâachat plus accessibles et des rendements plus Ă©levĂ©s.
đ Un marchĂ© Ă©tudiant toujours sous pression
La rentrĂ©e universitaire 2025 met en lumiĂšre la difficultĂ© persistante pour les Ă©tudiants Ă trouver un logement. Dans des villes comme Lyon, Rennes ou Bordeaux, la demande est parfois jusquâĂ dix fois supĂ©rieure Ă lâoffre. Ă Bordeaux, on compte en moyenne 20 candidats par annonce, et les studios ou T1 se louent en quelques jours seulement. Le loyer dâun studio avoisine dĂ©sormais les 600 âŹ, et peut facilement dĂ©passer 650 ⏠dans lâhypercentre ou prĂšs des campus.
đ Bordeaux : attractivitĂ© confirmĂ©e, rentabilitĂ© mesurĂ©e
LâagglomĂ©ration bordelaise reste un pĂŽle dâattraction majeur, grĂące Ă ses universitĂ©s, ses Ă©coles supĂ©rieures et sa situation gĂ©ographique privilĂ©giĂ©e Ă deux heures de Paris. Cette attractivitĂ© se traduit par une demande locative toujours soutenue. NĂ©anmoins, le prix moyen au mÂČ dĂ©passe dĂ©sormais 5 000 ⏠dans Bordeaux intra-muros, ce qui limite les rendements. Le rendement brut sâĂ©tablit gĂ©nĂ©ralement entre 3,5 et 4 % en centre-ville.
En revanche, les communes de la périphérie comme Pessac, Talence ou Mérignac, bien desservies par le tram, offrent des opportunités intéressantes. On y observe des rendements bruts de 4,5 à 5 %, avec une demande locative tout aussi solide, portée notamment par les étudiants et jeunes actifs qui se tournent vers ces secteurs pour échapper à la saturation du centre.
đïž Les villes secondaires en pleine montĂ©e
En parallĂšle, plusieurs villes de taille moyenne sĂ©duisent de plus en plus dâinvestisseurs. Leurs prix dâentrĂ©e plus bas permettent dâobtenir des rendements particuliĂšrement attractifs. Ă titre dâexemple, Saint-Ătienne affiche un rendement brut proche de 10 %, avec un prix moyen au mÂČ autour de 1 400 ⏠seulement. Mulhouse offre un rendement estimĂ© Ă 9 %, tandis que des villes comme Le Havre, BĂ©ziers ou Perpignan enregistrent des rendements compris entre 7,5 et 8,5 %. Ces marchĂ©s constituent une alternative crĂ©dible aux grandes mĂ©tropoles, tout en bĂ©nĂ©ficiant dâune tension locative structurelle.
đ¶ Financement : un contexte exigeant
Si la demande locative soutient la pertinence de lâinvestissement immobilier, il est essentiel de garder Ă lâesprit les conditions actuelles de financement. Les banques demandent dĂ©sormais, dans la majoritĂ© des cas, un apport personnel couvrant au moins les frais de notaire. Le respect du taux dâendettement maximal de 35 % reste incontournable, mĂȘme si des assouplissements existent pour les profils Ă revenus Ă©levĂ©s. La durĂ©e dâemprunt, souvent fixĂ©e Ă 20 ans, permet de lisser les mensualitĂ©s, mais rĂ©duit lĂ©gĂšrement le rendement net.
Par ailleurs, il convient de distinguer rendement brut et rendement net : une fois prises en compte la fiscalitĂ©, les charges et une Ă©ventuelle vacance locative, le rendement rĂ©el peut ĂȘtre infĂ©rieur de 1,5 Ă 2 points au brut affichĂ©.
â En conclusion
Lâautomne 2025 confirme que lâinvestissement locatif demeure une valeur sĂ»re, mais il nĂ©cessite une approche adaptĂ©e. Ă Bordeaux et dans les grandes mĂ©tropoles, la rentabilitĂ© brute tend Ă se rĂ©duire, mais la sĂ©curitĂ© locative reste totale. Les villes secondaires, quant Ă elles, offrent des rendements attractifs, Ă condition de bien choisir lâemplacement et de maĂźtriser la gestion locative. Lâensemble de ces tendances souligne une rĂ©alitĂ© : le marchĂ© est globalement dĂ©sĂ©quilibrĂ©, avec bien plus de candidats que de logements disponibles. Pour les investisseurs, cela constitue un environnement porteur, Ă condition de construire un projet solide et rĂ©flĂ©chi.
âïž Par JerĂŽme
Toute lâĂ©quipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! đ
