đâŻRetour du risque sur les marchĂ©s ?
Entre un accord ChineâUSA aussi asymĂ©trique que stratĂ©gique, et une brusque montĂ©e des tensions Iran-IsraĂ«l, la volatilitĂ© fait un bond. Et si l'optimisme ambiant sur les marchĂ©s touchait Ă sa fin ?
đ§ En dĂ©but de semaine derniĂšre, les projecteurs se sont braquĂ©s sur un accord commercial entre Washington et PĂ©kin.
Des nĂ©gociations confidentielles Ă Londres ont abouti Ă une annonce de Trump : 55âŻ% de droits de douane sur les produits chinois, contre 10âŻ% pour les produits amĂ©ricains.
đŹ Ce qui intrigue ici, câest la sĂ©mantique employĂ©e. Trump, habituellement prompt Ă enrober ses annonces de superlatifs, ne qualifie pas cet accord avec ses adjectifs dithyrambiques habituels. Pas de âfantastic dealâ, pas de âtremendous successâ. Juste un âdealâ. Ce choix de mots questionne sur la portĂ©e rĂ©elle de lâaccord, qui pourrait ĂȘtre bien plus fragile quâil nây paraĂźt...
đ Au-delĂ des taxes douaniĂšres, un autre sujet se joue en coulisse : celui des terres rares.
La Chine tente de nĂ©gocier un accĂšs aux meilleures puces amĂ©ricaines en Ă©change dâun assouplissement sur ses propres licences dâexportation de terres rares. Mais les Ătats-Unis semblent refuser catĂ©goriquement dâentrer dans ce marchandage, dĂ©terminĂ©s Ă maintenir la pression sur le front technologique.
đ Pendant ce temps, les tensions entre lâIran et IsraĂ«l sâintensifient. Jusque-lĂ , les marchĂ©s restaient stoĂŻques face aux risques gĂ©opolitiques. Mais cette fois, la nervositĂ© se voit :
đ Le VIX a augmentĂ© de +24,15âŻ% sur la semaine.
đ Focus pĂ©dagogique :
Le VIX est un indice de volatilitĂ© calculĂ© Ă partir des options sur lâindice amĂ©ricain S&P 500.
Il mesure les anticipations de variation à court terme (30 jours) des marchés.
Plus simplement :
â Quand le VIX est bas â les investisseurs sont sereins.
â Quand il monte â ils anticipent de lâinstabilitĂ©, voire des turbulences.
đ Câest donc un thermomĂštre du stress des marchĂ©s, un VIX qui grimpe, câest souvent lâinquiĂ©tude qui sâinstalle.
đŻCe regain de volatilitĂ© est peut-ĂȘtre un simple frĂ©missement⊠ou le dĂ©but dâun vrai rĂ©ajustement ? Dans un marchĂ© amĂ©ricain Ă moins de 3âŻ% de ses plus hauts historiques, tout est pricĂ© pour un scĂ©nario parfait (atterrissage en douceur, baisse des taux, bĂ©nĂ©fices en hausse). Autant dire que la marge dâerreur semble rĂ©duite.
đ Dans les prochains jours, câest surtout la gĂ©opolitique quâil faudra surveiller, notamment IsraĂ«l / Iran.
Au-delĂ du drame humain, une escalade pourrait avoir un impact Ă©conomique majeur. Le pĂ©trole a dĂ©jĂ bondi de +11,03âŻ% sur la semaine, preuve que le marchĂ© anticipe le risque.
âŽïž Autre point de vigilance : le dĂ©troit dâOrmuz, ou transite 21âŻ% du pĂ©trole mondial. En cas dâescalade Iran/IsraĂ«l, les flux Ă©nergĂ©tiques et le transport maritime pourraient ĂȘtre perturbĂ©s.
đ Et enfin, les marchĂ©s resteront attentifs aux prochaines donnĂ©es macro (inflation, consommation, confiance des mĂ©nages), pour affiner leur lecture du contexte Ă©conomique.
âïž Par Chauncey
đĄ Lâimmobilier patrimonial sous haute surveillance : la lutte anti-blanchiment sâintensifie
đ Selon une rĂ©cente enquĂȘte sĂ©natoriale, les signalements de blanchiment dans lâimmobilier ne cessent dâaugmenter
TRACFIN place dĂ©sormais lâimmobilier au cĆur de ses prioritĂ©s 2025.
Pourquoi ?
đ Multiplication des montages opaques : SCI, holdings, comptes courants dâassociĂ©s
đ Fonds dâorigine Ă©trangĂšre (expatriĂ©s, successions internationales, crypto-actifs)
đ Complexification des schĂ©mas de dĂ©tention intergĂ©nĂ©rationnelle
Pour nous, professionnels de la gestion de patrimoine, cela implique :
â Des contrĂŽles KYC beaucoup plus rigoureux : vĂ©rification des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs, origine des fonds, cohĂ©rence fiscale
â Une documentation client plus complĂšte : hĂ©ritages, donations, cessions de cryptos, flux internationaux
â Une vigilance accrue sur les opĂ©rations immobiliĂšres « atypiques » : donations croisĂ©es, dĂ©membrementsâŠ
đ Lâenjeu nâest pas seulement rĂ©glementaire, il est stratĂ©gique : mieux documenter aujourdâhui, câest prĂ©server demain.
âïž Par Laura
Dividendes, management fees et URSSAF : le retour de bĂąton
Ces derniers mois, on a vu pas mal de clients qui se disaient :
âJe prends peu de salaire, je me verse des dividendes, jâai une holding, câest optimisĂ©â.
đ Mais la rĂ©alitĂ©, câest que les contrĂŽles URSSAF se multiplient. Et maintenant, ils vont plus loin.
MĂȘme si tu as une convention de prestations, ils veulent des preuves concrĂštes que tu bosses vraiment pour la boĂźte.
â Ils veulent du traçable, du mesurable, du crĂ©dible.
Une dĂ©cision de justice (mars 2025) vient dâailleurs de valider un redressement URSSAF parce quâun dirigeant nâavait rien documenté⊠alors quâil pensait ĂȘtre carrĂ©.
đ Ce que je pense ?
Optimiser, oui. Jouer avec le feu, non.
Un bon schĂ©ma holding doit ĂȘtre justifiĂ©, documentĂ©, vivant. Sinon ça tombe comme un chĂąteau de cartes.
đĄAstuce : Fais un petit compte-rendu mensuel de ce que tu fais entre tes boĂźtes. Un doc Word, 5 lignes par mois. Suffit que ça existe.
âïž Par Jean-Philippe
BCE : « Dans la bonne position »⊠mais la prudence reste de mise
đ Le 6 juin dernier, la Banque centrale europĂ©enne a abaissĂ© pour la huitiĂšme fois depuis juin 2024 ses taux directeurs, ramenant le taux de dĂ©pĂŽt Ă 2 %. Une dĂ©cision attendue qui marque une nouvelle phase dans la politique monĂ©taire de lâinstitution : celle du pilotage fin.
đ Selon Christine Lagarde, la BCE est dĂ©sormais « dans une bonne position ». Traduction : lâobjectif dâinflation de 2 % est Ă portĂ©e, sans provoquer de choc sur lâactivitĂ©. Mais derriĂšre ce message rassurant, les dĂ©bats restent vifs.
đ Une inflation qui revient dans les clous
La BCE anticipe une inflation Ă 2,0 % en 2025, avant un lĂ©ger creux Ă 1,6 % en 2026, puis un retour Ă 2,0 % en 2027. La trajectoire semble sous contrĂŽle, mais plusieurs membres soulignent que le reflux rĂ©cent est en partie dĂ» Ă des effets transitoires (prix de lâĂ©nergie, effets de change, base de comparaison).
Lâinflation sous-jacente, elle, reste un peu au-dessus de la cible Ă 2,4 % pour 2025, preuve que les tensions sur les prix ne sont pas encore totalement dissipĂ©es.
đ Des signaux de ralentissement Ă©conomique
CÎté croissance, les prévisions restent prudentes : 0,9 % en 2025, 1,1 % en 2026, 1,3 % en 2027. Des chiffres qui traduisent une reprise modérée, mais toujours fragile. La BCE compte notamment sur les investissements publics (défense, infrastructures) pour amortir les chocs.
Cependant, lâincertitude gĂ©opolitique et commerciale, combinĂ©e Ă une consommation encore freinĂ©e par des taux dâĂ©pargne Ă©levĂ©s, continue de peser sur les anticipations.
đ§ Quel cap pour la suite ?
MalgrĂ© cette premiĂšre baisse, la BCE ne sâengage pas sur un cycle clair de rĂ©ductions Ă venir. Certains gouverneurs, laissent entendre quâune nouvelle baisse pourrait ĂȘtre envisagĂ©e si les donnĂ©es justifient une action, mais pas avant lâautomne.
Ă lâinverse, des voix plus prudentes, plaident pour attendre de consolider les tendances, notamment sur les salaires et les prix des services.
đ§ Ce quâil faut retenir
â La BCE se donne de la flexibilitĂ© : elle ne suit plus une trajectoire stricte, mais sâajuste Ă lâĂ©conomie rĂ©elleâ Lâinflation recule, mais reste surveillĂ©e : les composantes volatiles pourraient inverser la tendanceâ La prochaine rĂ©union de la BCE sera cruciale pour confirmer ou non un second mouvement d'ici fin 2025
đ Mon point de vue : La BCE joue la carte de lâĂ©quilibre : elle rassure sans trop promettre. Une posture mesurĂ©e, adaptĂ©e Ă une reprise fragile mais rĂ©elle.
âïž Par Lou
Toute lâĂ©quipe INGEFII vous souhaite une bonne semaine ! đ
