On revient aussi sur l’inflation en Suède qui atteint son niveau le plus élevé depuis début 2024.
1. La semaine a été marquée par des signaux économiques contradictoires : un CPI inférieur aux attentes a brièvement rassuré, mais un PPI bien plus élevé a ravivé les craintes inflationnistes. Malgré cela, le S&P 500 poursuit sa hausse, atteignant un Price-to-Book record de 5,3x, reflet d’un optimisme extrême et de valorisations très tendues. Sur le plan géopolitique, Trump se positionne en arbitre entre Russie et Ukraine–Europe. Les marchés attendent désormais les PMI et l’inflation en zone euro.
2. L’inflation en Suède atteint 3 %, son plus haut niveau depuis janvier 2024, portée par la hausse des services et de l’alimentation, malgré une énergie moins chère. La faiblesse de la couronne renchérit les importations, accentuée par les tensions commerciales et les taxes américaines. Résultat : les ménages voient leur pouvoir d’achat comprimé et la croissance ralentit. La Riksbank vise 2 % mais devrait temporiser avant d’agir, en espérant un rebond de la monnaie et un apaisement des prix mondiaux.
🏛️ Macro US : deux visages de l’inflation
La semaine dernière avait bien commencé avec un indice des prix à la consommation (CPI) ressorti à 2,7 % contre 2,8 % attendu. Une bonne surprise, même si l’objectif de 2 % reste encore hors de portée.
Mais l’enthousiasme a vite été douché : en fin de semaine, les prix à la production (PPI) ont bondi de +0,9 % en mensuel, contre seulement +0,2 % attendu.
La vraie question est donc : quelle part de cette hausse des coûts sera absorbée par les entreprises… et quelle part sera répercutée aux consommateurs via des hausses de prix ?
Des marchés toujours en apesanteur
Malgré ces signaux contradictoires, le S&P 500 a encore progressé.
Résultat : un sentiment de valorisations extrêmement exigeantes s’accentue, comme l’illustre le graphique ci-dessous sur le Price-to-Book du S&P 500.
📚 Focus pédagogique : Le Price-to-Book, c’est quoi ?
C’est un ratio qui compare la valeur boursière d’une entreprise à sa valeur comptable (ses fonds propres).
Un ratio de 1 ➜ le marché valorise l’entreprise à sa valeur nette réelle.
Plus il grimpe ➜ plus les investisseurs paient cher par rapport aux actifs comptables.
🔎 Quelques repères historiques :
Moyenne long terme du S&P 500 : ~2x
Crise financière 2009 : 1,6x
Bulle internet 2000 : 5,1x
👉 Aujourd’hui : 5,3x, un record absolu.
💡 Mon analyse
Ce niveau traduit un optimisme extrême.
Depuis plusieurs semaines, je souligne que les marchés semblent parier sur un scénario parfait
- croissance solide ➜ bénéfices en hausse
- inflation maîtrisée ➜ baisse des taux de la Fed.
Mais comme je l’évoquais déjà dans certains de mes précédents posts (S27 : cupidité extrême, S29 : flux retail records, S31 : retour de la volatilité), les signaux contrariant se multiplient.
🌍 Géopolitique : Trump arbitre entre deux camps
La rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine n’a débouché sur aucun accord de paix.
De nouvelles discussions sont prévues cette semaine, avec Trump, Zelensky et plusieurs dirigeants européens.
L’impression est claire : d’un côté la Russie, de l’autre un bloc Ukraine–Europe, et au milieu des États-Unis qui se posent en arbitres.
📆 À suivre cette semaine
⚫ Enquêtes d’activité PMI aux US et en Europe
⚫ Chiffres de l’inflation en zone euro
✍️ Par Chauncey
L’inflation a grimpé à 3 %, un record depuis janvier 2024. Ça veut dire que tout coûte un peu plus cher, des courses au resto, et ça met la banque centrale suédoise, la Riksbank, dans une position délicate. Elle aimerait ramener l’inflation à 2 %, mais ce n’est pas si simple. Dans un monde où les tensions commerciales secouent l’économie.
Pourquoi les prix grimpent ?
En juillet, les prix ont augmenté de 3 %, contre 2,8 % en juin. Qu’est-ce qui pousse ? Les services, comme les billets de train ou les sorties, coûtent plus cher, tout comme les aliments, du pain au fromage. Bonne nouvelle, l’énergie, comme l’essence, est un peu moins chère, ce qui freine la hausse. Mais il y a un hic : la couronne suédoise, la monnaie du pays, a perdu de sa valeur face au dollar. Résultat ? Les produits importés, comme les fruits ou les gadgets, coûtent plus cher à acheter, et ça se répercute sur les étiquettes en magasin.
Cette montée des prix touche tout le monde. Les Suédois, qui dépensent beaucoup pour vivre, ressentent la pression sur leur budget. Avec plus de chômage qu’avant, beaucoup hésitent à dépenser, ce qui ralentit l’économie. La Suède prévoit de grandir doucement en 2025, mais cette inflation complique les choses.
D’où vient ce problème ?
Plusieurs raisons expliquent ce bazar. La couronne faible rend les importations plus chères, et les tensions commerciales n’aident pas. Les États-Unis ont imposé des taxes sur les produits européens, ce qui augmente les coûts pour des pays comme la Suède. En plus, les salaires augmentent un peu, ce qui pousse les prix des services, comme un café ou une coupe de cheveux. Mais il y a des points positifs : l’énergie moins chère aide, et les Suédois continuent de dépenser, même timidement.
À quoi s’attendre ?
La Riksbank va probablement attendre avant de changer ses taux, observant si les prix se calment. Si la couronne reprend des forces ou si les prix mondiaux baissent, l’inflation pourrait ralentir. Mais les taxes américaines et les incertitudes européennes gardent tout le monde sur ses gardes. La bourse suédoise pourrait rebondir si la confiance revient, mais elle risque aussi de rester instable.
✍️ Par Mathéo
Toute l’équipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! 🙂