On revient Ă©galement sur le PEA, le potentiel nouvel eldorado des Ă©pargnants, ainsi que sur đïž le marchĂ© immobilier dans les Landes.
La semaine derniÚre, on a lancé un nouveau format sur notre chaßne YouTube, complémentaire à cette newsletter.
Toutes les deux semaines, notre analyste des marchĂ©s, Chauncey, partage ses convictions et dĂ©crypte les signaux les plus marquants pour mieux adapter la stratĂ©gie dâIngefii.
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1. MalgrĂ© le shutdown amĂ©ricain, les marchĂ©s ont gardĂ© leur calme : Wall Street a progressĂ©, mĂȘme sans publication des chiffres de lâemploi (NFP), un indicateur clĂ© pour la Fed. LâenquĂȘte ADP a toutefois signalĂ© une baisse de 32 000 emplois, renforçant les attentes de baisses de taux. En Europe, la BCE maintient ses taux inchangĂ©s. Lâor, grand gagnant, sâenvole Ă prĂšs de 3 900 $ lâonce, portĂ© par lâinflation persistante, la baisse du dollar et les achats massifs des banques centrales.
2. Une proposition de loi portĂ©e par Ăric Ciotti veut transformer le PEA pour en faire un rival de lâassurance-vie. Elle prĂ©voit la suppression des plafonds, la fin des restrictions de dĂ©tention et un alignement des rĂšgles successorales. Lâobjectif : simplifier le dispositif et encourager lâinvestissement dans les entreprises françaises et europĂ©ennes. JugĂ© sous-utilisĂ©, le PEA pourrait ainsi devenir un outil dâĂ©pargne majeur, mais la rĂ©forme, encore Ă lâĂ©tude, ne verrait pas le jour avant 2026.
3. AprĂšs une annĂ©e 2024 difficile, le marchĂ© immobilier des Landes montre des signes de reprise. Les acheteurs reprennent la main, nĂ©gocient jusquâĂ 10 % de rabais et privilĂ©gient les T3 et maisons familiales. Sur la cĂŽte, les prix restent Ă©levĂ©s (T3 Ă Capbreton : 500 000 âŹ), tandis que lâintĂ©rieur demeure plus abordable. La crainte dâune hausse des taux accĂ©lĂšre les achats. En revanche, le marchĂ© locatif reste tendu, avec des loyers Ă©levĂ©s et une forte demande.
4. đïž Depuis septembre, les taux immobiliers repartent Ă la hausse : un crĂ©dit Ă 3 % sur 20 ans atteint dĂ©sormais 3,15 %, soit +2 000 ⏠pour 100 000 ⏠empruntĂ©s. En cause : lâalourdissement de la dette française, les tensions politiques et sociales, et la rĂ©percussion des coĂ»ts par les banques. Le taux moyen (â3,10 %) pourrait grimper Ă 3,25â3,30 % fin 2025, avec un plafond Ă 3,5 %. RĂ©sultat : pouvoir dâachat immobilier en recul et projets freinĂ©s.
đșđž Ătats-Unis : un âshutdownâ sans panique des marchĂ©s US
Lâimpasse budgĂ©taire entre dĂ©mocrates et rĂ©publicains a conduit Ă la suspension du financement des services fĂ©dĂ©raux non essentiels.
Comme lors des shutdowns de 2013 et 2018-2019, les marchĂ©s actions ont fait preuve dâun Ă©tonnant sang-froid, terminant la semaine en hausse.
En revanche, le blocage empĂȘche certains services de fonctionner : les traditionnels chiffres de lâemploi (NFP) ne seront pas publiĂ©s, privant la Fed dâun indicateur clĂ© pour calibrer sa politique monĂ©taire.
En parallĂšle, lâenquĂȘte ADP qui est moins complĂšte que les NFP mais suivie par les investisseurs a rĂ©vĂ©lĂ© une baisse de 32 000 emplois dans le secteur privĂ©, confirmant la fragilitĂ© du marchĂ© de lâemploi amĂ©ricain.
Dans ce contexte, le consensus table toujours sur de nouvelles baisses de taux dans les mois Ă venir, la prioritĂ© restant dâĂ©viter un ralentissement trop brutal de lâĂ©conomie.
đȘđș Europe : statu quo monĂ©taire confirmĂ©
Christine Lagarde estime que les taux actuels sont « adĂ©quats », et les donnĂ©es dâinflation en zone euro (+2,2 % contre +2 %) confortent cette posture.
đ„ Or : une envolĂ©e historique
Lâor a franchi la barre des 3 800 $ lâonce pour la premiĂšre fois, atteignant mĂȘme un sommet Ă 3 897 $.
Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, le mĂ©tal jaune progresse de +47 %, portĂ© par :
les pressions inflationnistes persistantes dans le monde,
les baisses de taux déjà engagées et les anticipations de nouvelles baisses,
les achats massifs des banques centrales.
đ Focus pĂ©dagogique â Pourquoi lâor est le grand gagnant ?
1ïžâŁ Les taux baissent alors que lâinflation reste Ă©levĂ©e. Lâargent placĂ© perd de la valeur dans le temps.
đ Lâor, lui, protĂšge le pouvoir dâachat.
2ïžâŁ Le dollar sâaffaiblit. Quand la monnaie de rĂ©fĂ©rence mondiale recule, lâor devient plus attractif pour le reste du monde.
đ Câest un rĂ©flexe mĂ©canique : le dollar baisse, lâor monte.
3ïžâŁ La confiance dans la monnaie sâĂ©rode. Trop de dettes, trop de liquiditĂ©s, trop dâincertitudes.
đ Lâor redevient la valeur refuge absolue.Ce basculement est confirmĂ© par un fait marquant : pour la premiĂšre fois depuis 1996, les banques centrales Ă©trangĂšres dĂ©tiennent plus dâor que de bons du TrĂ©sor amĂ©ricain (voir graphique ci-dessous).
đ Ă surveiller cette semaine :
- LâĂ©volution du budget amĂ©ricain et les discussions autour du relĂšvement du plafond de la dette.
- Une semaine par ailleurs relativement calme sur le plan macro, avant le lancement de la saison des rĂ©sultats dâentreprises dĂšs la semaine prochaine.
âïž Par Chauncey
Une proposition de loi portĂ©e par les dĂ©putĂ©s du groupe UDR â Ăric Ciotti en tĂȘte âprĂ©voit de transformer le Plan dâĂpargne en Actions (PEA) pour le rapprocher des rĂšgles fiscales et successorales de lâassurance-vie.
Ce que ça changerait concrÚtement
Abolition des plafonds et des contraintes de détention (un seul plan par épargnant)
Uniformisation des enveloppes dans un souci de simplification
Alignement des rĂšgles successorales de lâassurance-vie
Pourquoi ce changement ?
Car le PEA est jugĂ© sous-utilisĂ©, malgrĂ© des attraits non nĂ©gligeables : exonĂ©ration des gains aprĂšs 5 ans, frais plafonnĂ©s, perception dâune rente non fiscalisĂ©e âŠ
Et pour autant, de nombreux Ă©pargnants lui prĂ©fĂšrent lâassurance-vie, principalement Ă cause de ses avantages successoraux et de lâabsence de plafond.
La rĂ©forme vise aussi Ă encourager lâinvestissement direct dans les entreprises françaises et europĂ©ennes, en redirigeant lâĂ©pargne vers le marchĂ© actions plutĂŽt que vers les produits plus sĂ©curisĂ©s mais souvent moins rĂ©munĂ©rateurs.
Cela constituerait une rĂ©elle opportunitĂ© pour ceux qui veulent investir sur les marchĂ©s actions tout en prĂ©parant leur retraite ou leur succession. Enfin un vrai concurrent Ă lâassurance-vie.
A noter que le texte est encore Ă lâĂ©tat de proposition de loi, enregistrĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale. Il pourrait ĂȘtre amendĂ©, recaler ou repousser certains de ses points et son adoption dĂ©finitive pourrait ne pas intervenir avant 2026.
âïž Par Christelle
Les transactions reprennent des couleurs
AprĂšs une annĂ©e 2024 difficile, le marchĂ© immobilier montre des signes de reprise. Les acheteurs reprennent la main, nĂ©gocient des rabais allant jusquâĂ 10 % et prennent davantage leur temps avant de signer. Les biens les plus recherchĂ©s sur la cĂŽte sud des Landes restent les T3 avec ascenseur et les maisons familiales.
Prix en mouvement
Capbreton : T3 de 65 mÂČ â 500 000 ⏠; maison Ă rĂ©nover de 182 mÂČ sur 1 000 mÂČ â 660 000 âŹ.
Mont-de-Marsan : T2 rĂ©novĂ© de 50 mÂČ â 125 000 ⏠; maison de 110 mÂČ avec jardin â 275 000 âŹ.
Conclusion : la cĂŽte reste chĂšre, mais lâintĂ©rieur offre encore des prix abordables.
Pourquoi acheter maintenant ?
Crainte dâune hausse des taux dâintĂ©rĂȘt. Risque de durcissement fiscal dans les prochains mois. RĂ©sultat : de nombreux mĂ©nages prĂ©fĂšrent concrĂ©tiser rapidement leur projet immobilier.
Location : un marché toujours tendu
Si lâoffre de biens Ă vendre sâĂ©toffe, le marchĂ© locatif reste sous tension, surtout sur le littoral. Studio Ă Capbreton â 650 âŹ/mois. T2 â 750 âŹ/mois. Maison avec jardin â 1 200 Ă 1 400 âŹ/mois. La demande est forte et les loyers demeurent Ă©levĂ©s.
Ă retenir
Le marché immobilier landais retrouve un certain dynamisme, avec des vendeurs plus réalistes et des acheteurs plus stratégiques. Mais la tension locative et les incertitudes économiques laissent planer une fragile embellie.
âïž Par Quentin
Ce quâil faut savoir
Le dĂ©cret n° 2017-1198, modifiĂ© en juillet 2025, prolonge lâencadrement des loyers dans les zones tendues.
Objectif : contenir la hausse des loyers dans les grandes villes oĂč la demande excĂšde lâoffre (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, etc.).
Logements concernés
Inclus : logements nus et meublés loués en résidence principale.
Exclus : locations saisonniÚres, résidences secondaires, logements de fonction.
NouveautĂ© clĂ© : logements classĂ©s F ou G au DPE â loyers gelĂ©s jusquâĂ rĂ©novation.
Comment évoluent les loyers ?
Relocation : nouveau loyer plafonnĂ© Ă lâancien, ajustable par lâIndice de RĂ©fĂ©rence des Loyers (IRL).
Exceptions possibles :
Travaux â„ 50 % du loyer annuel â +15 % maximum.
Loyer sous-Ă©valuĂ© â hausse plafonnĂ©e Ă 50 % de lâĂ©cart avec le marchĂ©.
Travaux lourds (â„ 1 an de loyer) â libertĂ© de fixation.
Renouvellement de bail : mĂȘmes rĂšgles, notification obligatoire au locataire.
Débats en cours
Pour : associations et locataires défendent une mesure de justice sociale, freinant la gentrification.
Contre : professionnels de lâimmobilier dĂ©noncent un frein Ă lâinvestissement et un risque de rarĂ©faction de lâoffre.
Ătude INSEE (2023) : hausse des loyers rĂ©duite de 1,3 point dans les zones encadrĂ©es.
Et aprĂšs 2026 ?
Lâencadrement expĂ©rimental (loi ELAN) reste en vigueur dans 72 communes (Paris, Lyon, Lille, BordeauxâŠ) jusquâau 23 novembre 2026. Une proposition de loi vise Ă rendre ce dispositif permanent.
Un rapport IGF-CGDD attendu en 2026 décidera du futur cadre :
Maintien, Extension Ă de nouvelles villes (Toulouse, Nantes, NiceâŠ), IntĂ©gration au droit commun.
Ă retenir
Reconduction jusquâau 31 juillet 2026.
Interdiction de hausse pour les passoires thermiques (F et G).
RĂšgles dâaugmentation strictement encadrĂ©es.
Avenir du dispositif suspendu aux choix politiques de 2026⊠et à la présidentielle de 2027.
âïž Par JĂ©rĂŽme
Toute lâĂ©quipe Ingefii vous souhaite une bonne semaine ! đ